En présence d’un courriel ne comportant pas d’indices permettant à un utilisateur normalement attentif de douter de sa provenance...

Par un arrêt du 12 novembre 2024, la Cour d’Appel de PAU rappelle les conditions de la négligence grave d’un payeur en matière d’opérations de paiement non autorisées.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans le cadre de l’article « escroquerie au faux conseiller bancaire : Spoofing téléphonique », il appartient à la banque de rapporter la preuve :

Cet arrêt est particulièrement intéressant concernant les critères permettant de caractériser une négligence grave du payeur.

Un régime juridique protecteur pour les consommateurs

La Cour d’Appel rappelle que le régime applicable aux opérations de paiement non autorisées est particulièrement protecteur à l’égard des consommateurs.

La négligence grave doit être appréciée in abstracto, c’est-à-dire par référence au comportement qu’aurait adopté un utilisateur normalement attentif.

Peu importe que l’utilisateur soit ou non averti des risques d’hameçonnage : le juge doit se placer du point de vue d’un utilisateur normalement attentif.

Les arguments avancés par la banque

En l’espèce, la banque considérait que plusieurs anomalies et incohérences auraient dû conduire le client à douter :

Selon la banque, ces éléments caractérisaient une négligence grave du payeur.

La position retenue par la Cour d’Appel

La Cour d’Appel adopte une position différente.

Elle considère notamment :

La juridiction procède ainsi à une analyse concrète des circonstances de la fraude.

Méthode retenue par la Cour : Les juges utilisent plusieurs faisceaux d’indices afin de déterminer si le comportement du payeur peut ou non être qualifié de négligence grave.

Une appréciation au cas par cas

Cet arrêt rappelle également qu’en matière d’opérations de paiement non autorisées, chaque situation doit être examinée individuellement.

Les juridictions doivent tenir compte :

CA Pau, 12-11-2024, n° 23/01820