L’utilisateur de service de paiement qui conteste être à l’origine d’une opération bancaire dispose d’un délai de 13 mois pour signaler ladite opération frauduleuse à son établissement bancaire.
Il dispose cependant d’un délai de 5 ans (droit commun) pour saisir la juridiction compétente.
Cour de Cassation, chambre commerciale, 2 juillet 2025, n°24-16.590
Cette décision doit être approuvée.
L’article L 133-24 du code monétaire et financier précise :
Il découle sans ambiguïté de cet article que dès lors qu’un client nie être à l’origine d’une opération bancaire parce qu’il a été victime d’une fraude par carte bancaire, fraude par virement bancaire (etc..), il doit, sans tarder avertir sa banque.
En cas d’opérations de paiement non autorisées, seules les dispositions des articles L 133-18 et suivants du code monétaire et financier sont applicables.
Le délai de 13 mois fixé par l’article L 133-24 du code monétaire et financier s’applique donc lorsqu’un client nie être à l’origine d’une opération bancaire.
L’article L 133-24 du code monétaire et financier indique uniquement que l’utilisateur de service de paiement doit signaler sans tarder l’opération non autorisée à son établissement bancaire.
Il était donc possible de considérer que le délai de droit commun de 5 ans restait applicable pour agir devant les tribunaux.
Toutefois, la Cour de cassation avait transmis à la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) une question préjudicielle portant sur la responsabilité contractuelle de droit commun d’une banque.
Cette décision pouvait laisser penser que le délai de 13 mois concernait également l’action judiciaire.
Dans un arrêt du 2 mai 2024, la chambre commerciale de la Cour de cassation avait confirmé cette position.
Il avait alors été envisagé que toute action judiciaire soit enfermée dans ce délai de 13 mois sous peine de forclusion.
Cette position apparaissait particulièrement sévère pour les victimes de fraude bancaire.
En pratique, les clients tentent généralement :
Ces démarches peuvent durer plusieurs mois et dépasser rapidement le délai de 13 mois.
Or, un consommateur profane n’a pas nécessairement connaissance de cette contrainte juridique.
Il semblait donc légitime qu’un client puisse attendre les réponses de la banque ou du médiateur avant d’engager une action devant le tribunal.
Il est donc possible pour la victime de saisir la juridiction compétente dans un délai de 5 ans.