La Banque doit démontrer de manière cumulative qu’elle a bien utilisé l’authentification forte...

Aux termes d’un jugement du 7 mars 2025, le tribunal judiciaire de Nantes confirme un peu plus la jurisprudence classique rendue en matière d’arnaque aux faux conseillers bancaires.

Cette décision s’inscrit dans la continuité des nombreuses décisions protectrices des victimes de fraude bancaire.

Les victimes contestaient avoir transmis leurs données bancaires

En l’espèce, les victimes réfutaient avoir communiqué au fraudeur :

Le fraudeur s’était présenté comme un conseiller bancaire afin d’obtenir la confiance des victimes.

La banque ne démontre pas l’utilisation de l’authentification forte

Après analyse du dossier, le tribunal constate que la banque n’était pas en mesure de justifier :

Le tribunal relève que la banque ne parvient pas « à renverser la présomption de victime de bonne foi dont bénéficiaient les demandeurs ».

En d’autres termes, la banque n’a pas réussi à démontrer que les victimes avaient effectivement communiqué leurs données bancaires ou leur code SECUR PASS au fraudeur.

L’importance du contexte de la fraude

Le tribunal a également pris en considération un élément particulièrement important :

Le numéro utilisé par le fraudeur n’était pas celui de l’agence bancaire des victimes, mais celui du service fraude de la banque.

Cet élément a nécessairement renforcé la crédibilité de l’appel frauduleux et a pesé dans l’appréciation du tribunal.

Cette décision rappelle une nouvelle fois que les techniques utilisées par les fraudeurs sont de plus en plus sophistiquées et peuvent légitimement tromper des utilisateurs normalement attentifs.

Une jurisprudence favorable aux victimes de spoofing bancaire

Ce jugement confirme la tendance actuelle des juridictions françaises :

Tribunal Judiciaire de Nantes, 7 mars 2025, n°25/0128